28.

La première fois qu'il a vu la mort, il avait quoi ? 7 ans, à tout casser. Il rentrait de l'école, et y avait toutes ces grosses bagnoles dans la rue. D'habitude les gangs sortent plus tard, mais là, y avait ce mec par terre sur le trottoir, et du sang dans le caniveau.
Après, la première fois qu'il a tenu un flingue, il avait 10 ans. Orlando l'avait baladé un peu partout dans sa grosse bagnole, et il avait même pu chanter avec 50cent. Et puis Orlando lui avait demandé s'il voulait voir quelque chose d'extraordinaire. Et il a sorti son flingue de la poche de son manteau, et il a lui a passé dans ses petites mains de gamin. Fais gaffe, il est chargé. Il a ri, comme fait un gosse de 10 ans, et il a pensé qu'avec un truc énorme aussi énorme que ça, on pouvait se croire dans un film.

Après, ça été plus rapidement. Sa mère avait trois boulots à la fois, et quand elle revenait tard le soir, elle avait des bleus en dessous de son maquillage. Son père, il sait pas où il est. Il veut pas savoir qui c'est de toute manière ce fils de pute ! Alors qu'à l'école, c'est à lui qu'on dit fils de pute... Alors il va plus au collège de toute manière. Il traîne avec Mike dans la rue. Il a découvert la clope, l'alcool, la baise avant vos chères petites têtes blondes. Et puis Orlando lui a raconté comment il fallait faire ses preuves. Alors Mike s'est procuré un flingue, ils ont avalé du whisky, et BAM ! Tu vois, ce mec qu'avait de l'avenir, qui bossait à l'école pour s'en sortir de ce putain de quartier, bah, il est mort tu vois. Une balle dans la gueule, et tu vois, il a tué quelqu'un. On a fait nos preuves, Mike, t'as vu ça ! Ouais. Il est rentré chez lui, et il a tout dégueulé, parce que maintenant c'est un meurtrier.
Et puis Orlando est venue le voir et pour ses 15 ans, il lui a offert un flingue. Il a jubilé, et il est allé l'essayer sur le terrain de basket. En rentrant ensuite, il est passé devant l'église. Il a pas pu résister ; il est rentré, et il a dit pardon. Pardon pour ce qu'il avait fait, pardon pour ce qu'il allait faire. Ensuite, il a remis sa capuche sur sa tête, et il est parti. Il a retrouvé Mike et ils ont vidé une bouteille d'alcool. Tu vois, il a plus jamais remis les pieds dans une église depuis.
Après, il est rentré dans le gang d'Orlando avec Mike. Ils ont commencé à faire des commissions ; de l'alcool, de l'argent, de la drogue aussi. Ils ont essayé, ils ont aimé ; mais tu sais bien que c'est trop cher pour des mecs du harlem comme eux... Ils ont volé des bagnoles, ils ont cambriolé, et ils ont tiré, tiré, tiré... Tu sais bien comment c'est là-bas...
Et puis un jour, ils devaient s'affronter contre un autre gang, tu vois. Et ces cons d'en face, ils ont tiré trop tôt. Mike est tombé, et la neige était rouge, tellement rouge.
Tu crois qu'il a fait quoi après ça ? Tu crois qu'il a laissé tomber son flingue, qu'il est retourné à l'église, qu'il a commencé à bosser pour virer sa mère de ce quartier ? Tu t'es cru dans la petite maison dans la prairie ?
Il a continué... Il a continué, à tirer, à voler, à conduire sa BM volée, à jouer les gros durs, à enchaîner les meufs, à se croire dans un clip de 50cent, à flinguer ceux de l'autre gang. Il a continué à se venger, tu crois quoi...
Il a craché sur tous ces riches à la télé, alors que putain, il les enviait tellement. Il s'est fait embarquer par les flics, il a passé des nuits en cellule, mais il a rien appris. Il a vu des pasteurs, des secouristes, des anciens gars du harlem lui dire, lui répéter que tout n'était pas fini, qu'il pouvait s'en sortir. Il s'est fait tiré dans la jambe, et pendant un mois, il a dû rester chez lui. Il a continué à en vouloir au monde entier, parce que sa mère n'est pas rentrée à la maison depuis un mois, que Mike n'est plus là, qu'Orlando est en tôle, qu'en dehors du harlem les gens vont bien, et que y a encore un pd de guitariste allemand qui se croit permis de se la jouer les gros durs alors que c'est un p'tit minet plein aux as...

Alors tu vois, sa vie, c'est ça. Du sang dans le caniveau, des gard'av à n'en plus finir, des cigarettes, de l'alcool, des flingues et des cris dans la nuit... Te fais pas d'illusions, il a pas eu la chance d'Orlando de crever en tôle. Lui, il est mort à 27 ans sur le trottoir. C'était son sang dans le caniveau...



(j'viens d'voir FBI;portésdisparus. & ça me tord l'estomac.
écrit à la va vite, ça vaut rien)

# Posté le lundi 09 juin 2008 17:36

27.




Elle plongea la tête sous l'eau.
Plus rien.
Plus de son, plus d'odeur, plus de goût.
Juste l'eau autour d'elle. Et l'impression d'être en sécurité, l'impression d'être morte aussi. Sans vie. Sans existence. Je suis encore dans le ventre de ma mère...
Ah non ! Elle sortit la tête de l'eau brusquement, aspergeant toute la salle de bains au passage. Ah non, pas sa mère...
Elle soupira et passa lentement ses mains sur son visage. Fermer les yeux. Inspirer. Sentir l'air passer dans sa bouche, dans son corps, jusqu'à atteindre ses doigts de pieds et puis repartir aussi vite qu'on a le temps de le dire. Sentir sa cage thoracique se gonfler, avant de se rebaisser. Se sentir vivante. Ah bah merde alors, vivante...
Elle rouvrit les yeux et sortit doucement de la baignoire, s'enveloppa dans un peignoir, enleva la bonde, et regarda l'eau s'échapper dans le trouve. L'eau tourbillonne, façonne une tornade, qui se brise et se recrée. Vivre, mourir. Renaître? La mousse se perd dans le typhon de la baignoire, et cet instant avec. FIN.






(C'est hypracourt je sais. Mais c'est un vieux truc, que j'ai écrit y a des lustres, vraiment. À une époque où surement, ça n'allait as trop)
# Posté le lundi 09 juin 2008 07:28
Modifié le lundi 09 juin 2008 07:50

26.

26.


<< Dans les situations désespérées, la seule sagesse est l'optimisme aveugle. >>

<< C'est l'optimisme aveugle. Vous vous dîtes que les choses sont en train de changer pour le mieux,
quand en fait, elles sont juste foutues.
>>


Ils entrèrent dans la gare et se réfugièrent sous l'abri à cause de la pluie qui tombait –trop- fort.
-Tchou-tchou-tchou ! Allez viens, on danse !
Elle balança son sac recouvert de breloques sur le banc et elle se mit à agiter ses bras maigres recouverts de bracelets.
-Tu t'arrêtes jamais, dit-il doucement.
-Bah nan pourquoi ?, sourit –elle.
Il secoua la tête et s'assit sur un des bancs en plastique qui longeait le quai de la gare. Il ferma les yeux quelques secondes, n'écoutant que le bruit de la pluie et les frottements des vêtements de l'espèce de lutin qui dansait en face de lui. Il croisa les doigts, demandant fort à Dieu ou à une fée quelconque de l'écouter, et il pria pour se retrouver dans une jolie maison avec de la tarte à la fraise. Mais quand il rouvrit les yeux, rien n'avait changé. Il était sur le quai miteux d'une petite gare de banlieue parisienne, il pleuvait toutes les larmes du monde –c'était un poète à ses heures perdues- et il y avait cette fille multicolore, montée sur pile qui dansait la tecktonik en sautillant sous un abri. J'oubliais, il était 2h22 du matin.
Il soupira.
-Alors monsieur-cheveux-bouclés-avec-des-mèches-blondes-comme-les-membres- de-boy'sband tu danses pas ?
Elle s'arrêta devant lui en une jolie pirouette et mit ses mains sur hanches, un grand sourire sur ses lèvres.
-Tu peux parler ! Toi, t'as les cheveux noirs, blonds, rouges avec plein de fils dedans.
-On appelle ça des atebaaaaaaaaaas, chantonna-t-elle en recommençant à danser (sur place cette fois-ci).
Il remonta ses genoux contre sa poitrine et sourit doucement en posant son menton (pas rasé) sur ses poignets.
-Où t'as appris à danser ça ?
-C'est mon p'tit frère qui m'a apprit. Il faisait des battles dans la cour, sourit-elle.
Il acquiesça et renversa la tête, posant ses paupières sur ses poignets. Il avait un peu froid et ses vêtements humides n'arrangeaient rien. Il entendait le lutin sautiller à côté d'elle, et il se sentit très fatigué. Mais il savait bien qu'il ne pouvait pas dormir. Pas maintenant, pas encore. Sinon, les flics vont l'embarquer. Ne pas dormir, sinon on va le ramener chez lui. De toute façon, il ne sait plus trop où c'est chez lui. Pas maintenant, pas encore.
Mais la chanson de la pluie le berce trop.

[...]

-Hey... Réveille-toi. Il faut manger et bouger un peu avant que le train arrive.
Il ouvrit les yeux. Il pleuvait toujours. Et y avait cette fille-lutin qui lui tendait un demi sandwich. Il se rendit compte que son ventre grognait.
-Où t'as trouvé d'la bouffe ?
Il était 4h43.
-Y a des boulangers qui vont cloper à cette heure-là. J'ai eu droit à un sandwich.
Il sourit.
-Merci.
Elle s'assit par terre et regarda la pluie tomber en grignotant du bout des dents le sandwich jambon beurre.

[...]

-Bon, allez beau gosse. Le train arrive dans 19 minutes ; on s'active !
Elle imita quelques mouvements de gym, genre télé matin tandis qu'il restait immobile, recroquevillé sur son banc en plastique.
-À quoi ?
-On s'active à quoi ? À éviter que t'attrapes un rhume carabiné parce que t'es resté là depuis qu'on est arrivé. Et puis comme ça, ça fera sécher tes vêtements.
Elle tira sur son bras, et il se mit debout mollement.
-T'as dormi ?, demanda-t-il.
Elle ne répondit pas un sourire, et se mit à sautiller un peu partout sous l'abri, ses cheveux multicolores s'agitant au bruit de ses nombreux colliers qui s'entrechoquaient autour de son cou.
-Comment tu fais ?
-Quoi ?
-Comment tu fais pour tenir ? On a plus rien, mais tu souris encore.
Elle s'interrompit dans son saut, et le regarda en souriant.
-On a pas rien, dit-elle doucement.
Elle se rapprocha de son sac et s'accroupit pour fouiller dedans.
-Regarde. J'ai une pièce de 5 centimes de franc. Une bague en plastique rose. Un p'tit bonhomme qui ressemble à Buzz L'Éclair, mais c'est pas lui... Enfin je crois. J'ai des fils de laine et une pierre magique !
Il s'assit sur son banc en secouant la tête. Elle se releva et tourna sur elle-même.
-J'ai une jupe noir, un tee-shirt rose et un autre bleu, énuméra-t-elle sur un ton enfantin, une robe orange, un pantalon vert, un gilet jaune, un sous pull violet et mon sweet rouge. J'ai mes chaussures aux couleurs de l'arc-en-ciel. Et là dans ma poche, j'ai un crayon pour les yeux et un briquet, finit-elle en allumant une flamme qui faisait briller ses yeux.
Il se rendit compte que c'était la première fois qu'il voyait une lueur dans ses yeux.
-Arrête, c'est stupide. On a rien.
-Mais-
-Nan, arrête. C'est stupide. T'as deux-trois babioles, mais c'est rien ça. On a rien, et de toute façon, on devait pas être là... C'est tout, chuchota-t-il.
Elle baissa la tête et se tint immobile. C'était peut-être la première fois, pensa-t-il, qu'il la voyait ne pas s'agiter dans tous les sens et sans sourire. Il l'avait peut-être vexée, ou blessée, même. Il se mordit la lèvre inférieure.
Et puis elle releva la tête avec un gigantesque sourire dévoilant ses petites dents alignées.
-T'as raison on a rien.
Et son sourira sonnait tellement faux.
-J'ai deux-trois babioles comme tu dis, mais c'est rien.
Elle se mit à sautiller vers son sac, et il voyait que ses pas soi disant enjoués étaient trop exagérés pour qu'il fasse vrai. Elle se mit alors à farfouiller dans son trop grand sac, et en sortir un paquet de cigarettes qu'il ne lui connaissait pas. Elle alluma une Malboro avec son briquet, et elle soupira de satisfaction derrière son sourire factice. Et puis elle se mit à sortir frénétiquement toutes ses babioles de son sac et à les énumérer trop rapidement.
-Cette pièce, c'est mon grand-père qui me l'a donné y a deux ans. Pour que j'aille m'acheter des bonbons. Il a oublié que ça marchait plus les francs, et qu'à 15 ans, tu t'en fous des bonbons.
Son sourire restait, mais ses yeux étaient noirs. Elle était debout, et elle sortait des trucs de la main droite de son sac, de l'autre main, elle tenait sa clope sur laquelle elle tirait trop longtemps.
-La bague, c'est un cadeau de ma meilleure amie.
Il vit que sa main qui tenait sa cigarette tremblait.
-Je jouais avec ce petit bonhomme le samedi après-midi avec ma mère. Les fils de laine, c'est à Marguerite, la pute de Pigalle qui m'a fait mes atebas. La pierre magique, c'est mon frère qui l'a offert sur son lit, quand il était à l'hôpital. Mes fringues, je les ai acheté avec le fric de mon anniversaire y un an et demi. Ce sac-
-Arrête, j'ai-
-Nan ! Ce sac, c'est ma grand-mère qui me l'a achetée, et tous ces grelots dessus, je les eu avec le lapin Or de Lindt, pour Pâques.
Elle se tut un instant, pour tirer trois ou quatre lattes à la suite. Elle souriait encore un peu, mais c'était juste pour la forme. Ses yeux brillaient d'une lueur étrange. Elle jeta son mégot sur les rails, et se retourna vers lui.
-Tu vois-
-Arrête, c'est bon, j'ai compris ! Excuse-moi...
-Nan, arrête-toi ! Tais-toi ! Tu vois, j'ai pas rien. J'ai des amis, même s'ils ont pas de toit pour moi et que je les vois pas souvent. Mais c'est mes amis quand même. J'ai toutes mes babioles qui sont des souvenirs, d'avant. Et puis j'ai mon sourire, et j'arrive à nous avoir un sandwich avant 5heures du mat'. J'ai-
Elle ne souriait plus du tout, et elle commençait à s'agiter et à crier. Il se rendit compte que son crayon noir coulait et que c'était sûrement dû à l'humidité de ses yeux. Et puis d'un coup, il la trouva tellement petite, fragile et vulnérable, elle qui paraissait si forte et qui passait par-dessus tous les obstacles avec son seul sourire.
-Arrête ! Calme toi ! J'ai compris.
Il se leva et voulut se rapprocher d'elle pour la prendre par les poignets, mais elle se recula et elle finit sous la pluie.
-Me touche pas ! Arrête de t'approcher de moi, lâche- moi ! Regarde ! J'ai des tonnes de choses ! En plus, moi j'ai la liberté ! Personne pour me dire de ne pas aller sous la pluie, personne pour me dire de me couvrir parce qu'il fait froid, personne pour m'empêcher d'aller à la gare à deux heures et demi du matin, avec un mec pas plus majeur que moi. Personne pour me dire de faire attention à moi. Personne, tu vois, j'ai personne... C'est déjà beaucoup...
Elle hurlait presque sous la pluie glacée du petit matin, mais elle finit à genoux, la voix pleine de sanglots, dans une flaque d'eau boueuse, ses cheveux multicolores lui collant au front.
-C'est bien, non ?Personne...
Il s'était déjà précipité à ses côtes pour la prendre dans ses bras, et lui chuchoter à l'oreille des paroles qu'il se voulait rassurantes
-T'as raison, on a pas rien. Mais ça va quand même.
Il la serrait contre son torse, et son corps à elle, était secoué de sanglots.
-Tu m'as moi, je suis là. Et moi, je t'ai toi. Et ton sourire. Heureusement. Et puis, ça ira, ne t'inquiète pas.
Ses larmes se mélangeaient aux gouttes de pluie.
-On tiendra tous les deux, et on continuera à sourire, et à passer par dessus tout. Ça ira.
Et le train entra en gare.








(Un jour, j'aurais une autre citation pour vous. Mais elle est chez mon père, sur un post-it au dessus de mon ordinateur...

Voici donc le truc écrit en cours de ses. & ça me rappelle quand je déteste quand on vient me voir & qu'on me demande ce que je suis en train de faire quand j'écris en cours. Je m'emmêle alors dans des explications gênés, et je cache ce que je fais. Comme quand mon petit frère de 11ans, m'a demandé pourquoi je ne faisais jamais lire ce que j'écrivais. Peut-être, parce tous mes textes me ressemblent trop. & que faire lire mes textes à des gens que je connais serait exposer qui je suis réellement. C'est hors de question.)
# Posté le mercredi 04 juin 2008 10:09
Modifié le dimanche 15 juin 2008 17:10

25.



J'y croyais plus. Non, je n'avais pas d'idées suicidaires. Enfin, si, mais comme tout le monde en fait. Un jour, tu te lèves, et t'en a juste ras-le-bol. T'as pas envie d'aller bosser, et tu regardes ta fenêtre avec un air sûrement très con. Mais toi, t'as juste envie de l'ouvrir et d'en finir. Tu fumes une cigarette, tu te dis que c'est la dernière. Tu te lèves, et là, ton portable sonne. C'est ton patron qui gueule parce que t'es encore en retard. Alors tu secoues la tête, et tu te dépêche de t'habiller, tant pis, tu prendras ton café là-bas, même s'ils sont dégueulasses.
C'est bon, vous voyez ? Bah moi, c'est comme ça tous les jours. Sauf que moi, j'ai arrêté de regarder ma fenêtre avec ce fameux air con. Parce que mon patron menaçait de me virer, et j'ai besoin de fric pour mes clopes quand même. Mais sinon, tous les jours, c'est la même chose. Je me lève, je fume une cigarette en déambulant dans mon appart', pour enfin me décider à prendre une douche. Ensuite je m'habille. Classique, mais pas mémère. Fashion, mais on ne me prend pas pour une gamine de 15 ans. Ensuite, je prends un café et j'allume la radio. FIP, et je l'éteins quand c'est les infos. J'aime pas entendre les infos, j'aime pas savoir que hier soir, alors que je me saoulais devant Julie Lescaut, y'avait des irakiens qui ont volés un peu partout, qui ont cramés, et qui sont morts avec du sang partout sur la gueule. Ça me rend de mauvaise humeur quand les matins où je suis trop fatiguée, j'oublie d'éteindre la radio au moment des infos. Enfin... Ensuite, je fume une deuxième fois, en cherchant mes chaussures, mon sac, mes clés, mes papiers, tous les trucs dont j'ai toujours été incapable de trouver une place fixe chez moi. Me demandez pas pourquoi, je ne sais pas non plus qu'est-ce qu'il s'est passé pour que, ce matin, je retrouve mes clés dans le pot de fleurs derrière la télé. Enfin quand j'ai retrouvé ma carte Navigo, je descends 4 étages à pied, et je prends le RER C à la gare qui est à 10 minutes de chez moi. Pendant, ce temps-là, j'enfonce des écouteurs dans mes oreilles, et je mets la musique bien fort jusqu'à St-Michel Notre-Dame. Et après, j'entre dans les locaux de Universal. Oui, super trop bien ça déchire sa race, je travaille à la maison de disque Universal. Exactement. Mais comme secrétaire d'une des comptables. Faut pas vous emballez.
Alors tous les jours, je réponds au téléphone d'une voix mielleuse qui ferait bander le plus niais des producteurs ou managers. Je reçois des mails, j'informe mon comptable. Et le must, je lui sers ses cafés. Mais c'est tout. Mais enfin, je ne vais pas me plaindre. J'arrive à payer mon appart dans le 95, j'arrive à me nourrir pour le peu de nourriture que j'achète, j'arrive à me procurer des cigarettes régulièrement, j'arrive à me payer des fringues correctes et j'arrive à me payer des bouteilles de vodka quand je m'ennuie chez moi. Alors, non je ne me plains pas, je ne suis pas à la rue, j'arrive à vivre correctement et puis...
C'est tout, mais c'est bien nan ? C'est bien ce que je me disais... Non, c'est à chier...

Alors non j'y croyais plus. Tous les jours c'était la même rengaine, et quand je rentrais chez moi, je regardais des feuilletons stupides avant d'aller m'endormir. Avant d'aller cauchemarder plutôt. Des rêves en noir et blancs, tout serrés, tout embrouillés où évidemment, c'est moi qui fini serré et embrouillé. Et j'étouffe, et je me réveille en sueur dans une position qui me fait mal au dos. Je prends une douche, et je n'arrive plus à me rendormir. Il est 4h30 du matin, évidemment. C'est comme ça tous les jours, et j'ai une tête de déterrée. Vive mon boulot, je peux m'acheter du fond de teint à Monoprix. Heureusement.

Je viens d'étaler ma vie. Et je suis sure de la question que vous allez vous poser. Mais sa famille ? Ses amis ? Dans un roman, l'auteur vous aurait laissé le suspens, et vous vous serez creusé la tête pour savoir ce qu'il m'était arrivé pendant toute la première moitié du livre. Et quand vous aurez su ce qui m'était arrivé dans la deuxième moitié, vous aurez exprimé un petit Ah de surprise, parce qu'en fait, vous vous étiez complètement gourés. Mais on n'est pas dans un roman, mais dans une nouvelle, ou un truc court quoi. Alors j'ai le droit de vous dire que je suis seule oui. Pas d'amis ; c'est beau les promesses d'amitié quand on a 15 ans. Mais quand on revient après ses études de marketing à Londres, y'a plus personne à l'aéroport pour venir vous chercher. Si, y avait ma mère. Qui m'a demandé de me dépêcher quand elle m'a prise dans ses bras, parce qu'elle était mal garée. Elle ne voulait pas qu'on emmène la voiture, tu comprends la voiture de ton père. Parlons en de mon père. Il est mort. Oh faîtes-vous devant votre livre, en couvrant votre bouche de votre main. Non, c'est bon, ça va aller. Mais comment, c'est ça que vous vous voulez tous savoir. Banal à mourir –c'est le cas de le dire. Accident de voiture. Il conduisait la voiture de son ami Fred, sur la A51 en direction de Marseille (il allait chercher la nouvelle télé que mes parents avaient achetés sur ebay). Il faisait nuit, et 50m devant lui, une voiture de petits jeunes est rentrée dans la barrière (le conducteur avait pris trop de substances illicites). Et le camion devant lui a freiné un peu trop brusquement. Il a rien vu arriver, et il est allé se ficher dans le camion. Et après ça a été une magouille avec les assurances de Fred et de mes parents. Enfin. Ma mère a fait une dépression, et comme j'avais 16 ans, je me suis cassé en colocation avec des amis. J'ai eu mon bac, je me suis cassé à Londres, et quand je suis revenue, il y avait plus personne. Sauf ma mère qui depuis, chérit la voiture de son mari. Parce que c'était la plus grande fierté de mon père sa voiture, et que ce jour-là –quand il est mort- il râlait beaucoup à l'idée de prendre la vielle 106 blanche de Fred, alors que lui, il avait une belle voiture, dont j'ai jamais retenu le nom. Enfin. Ma mère est venue, et quand elle m'a parlé de voiture, j'ai aussitôt dit que je prenais le train. Parce que depuis, je panique totalement en voiture. Après l'accident de mon père, j'ai refusé de prendre la voiture pendant un an, et quand j'ai été obligée de la prendre pour me rendre chez le médecin parce que j'avais 40 de fièvre, j'ai fait une crise d'angoisse. Depuis, j'évite. Et j'ai beau avoir 23 ans, je n'ai toujours pas le permis, et quand mes collègues insistent pour qu'on aille boire un coup à Port-Royal qui est à 10minutes en voiture, je dis que j'ai rendez-vous chez le médecin.


[...]


J'y croyais plus. Et depuis le début de la nouvelle, ou du truc court, vous vous demandez en quoi je ne croyais plus. Et surtout ce qui va arriver ensuite, mais ça, c'est pas moi qui décide de le dire, allez harceler l'auteur. Non, je n'y croyais plus. Je croyais plus en la vie, et ce qu'elle pouvait m'offrir de beau. Le beau, c'était avant. Avant les magouilles des assurances, la dépression de ma mère, et la mort de mon père. Avant c'était bien. J'allais au lycée, je m'habillais de toutes les couleurs, j'avais des idées sur la vie (anarchiste ? révolutionnaire ? peut-être un peu), j'avais un copain, et des amis. Je séchais un peu pour aller fumer devant l'église à côté du petit bois, et puis on se bourrait la gueule certains soirs de fêtes. Ma vie était simple, et on me disait que j'avais un joli sourire. Mais quand ma mère m'a appelé en sanglotant au bout du téléphone, y'a tout qui s'est cassé la gueule. Pendant quelques jours, je ne suis pas sortie de chez moi. Juste pour aller à l'enterrement. Ensuite, je suis retournée au lycée, et les gens se sont étonnés de ma tête de morte vivante. En plus, j'étais mal habillée ce jour-là. J'avais un jean que je n'avais pas mis depuis des lustres, un gros pull noir et les cheveux devant mes yeux pas maquillés. Il me restait deux mois avant la fin de l'année, et ça a été deux mois éprouvants parce que ma mère pétait les plombs tous les soirs, et j'étais obligée de m'enfermer dans ma chambre pour ne pas l'entendre hurler. Un jour, j'ai même appelé les pompiers tellement elle hurlait fort ; ça me faisait peur. Alors pendant deux mois, je me suis laissé mourir. J'ai maigri, les couleurs de mon armoire me faisait mal aux yeux, et de toute façon mes robes, mes débardeurs et mes sarouel étaient trop grands. Mon copain m'a lâché parce que je ne souriais plus assez, et mes notes ont dégringolé. Et ça a été les grandes vacances, je passais en première. Et aucune envie de retourner au lycée. J'ai pris un petit job pendant l'été, et je rentrais chez moi suffisamment tard pour ne pas entendre les hurlements de ma mère. Je gagnais peu à peu du fric, et j'étais inscrite pour des cours par correspondance. Et un jour, ma mère s'est tuée. Je suis rentré chez moi, un soir, à 00h02, et elle était allongée sur le tapis de la salle à manger, une boîte de somnifère dans la main. J'ai appelé les pompiers, et j'ai fait mes valises –au sens propre comme au sens figuré. Des potes me proposaient d'habiter chez eux, en colocation. Je me suis cassé et j'ai essayé d'oublier ma mère, prenant mes amis pour la famille parfaite. Mais c'est ma mère qui s'est souvenue de moi, et pas mes amis.
Alors je ne crois plus en rien. Je ne crois pas en Dieu, en Allah, en Jésus, en Bouddha, ou à tous les autres trucs comme ça. Je ne crois pas au Père Noël, à la petite souris, et aux cloches de Pâques. Je ne crois pas à la magie, à la divination, ni au tirage de cartes, ni aux rêves prémonitoires. Je ne crois pas aux esprits, aux fantômes, aux sorcières et au surréalisme. Je ne crois pas les autres, je ne me crois pas. Je ne crois pas en moi, je ne crois pas en mon avenir. Mon avenir, c'est la répétition des jours d'aujourd'hui, sauf que je ne regarde jamais les rediffusions sur M6 et TF1. Alors vous voyez, la vie et moi, ça fait 48. Oui, je sais compter...

J'y croyais plus du tout (je sais, je me répète. Non, je ne suis pas lasse, pas encore.)
Et il est arrivé.

[...]


J'imagine tout de suite votre tête, et j'imagine votre empressement à tourner la page pour savoir qui il était. Je suis sûr que vous l'imaginez comme une rock star très connu, un espèce de bad boy, mais doux comme un agneau. Ou alors un petit chanteur tout timide, avec sa guitare et ses petits yeux bleus bridés. Ou alors comme un grand blond prétentieux qui me ferait tourner en bourrique avant de m'avouer enfin qu'il est fou amoureux de moi (et évidemment, je l'aime aussi).
Désolé de tout gâcher, mais il n'était rien de ça. Au début, je l'avais même pas vu.
Il était midi, et j'avais en prévision d'aller acheter un sandwich à la supérette d'à côté pour le manger sur les quais de la Seine. Je venais de servir un énième café à mon supérieur, et j'avais juste envie d'aller fumer. J'allais rentrer dans l'ascenseur pour descendre mes quatre étages, mais une feuille de papier pliée en deux m'a indiquée qu'il était en panne. J'ai soupiré lourdement, et j'ai commencé à descendre lentement les marches. Je n'avais déjà pas une très longue pause pour le déjeuner, mais si en plus on remplaçait mes trente secondes d'ascenseur par cinq minutes d'escalier, ça n'allait pas bien se passer.
Je ruminais donc ma mauvaise humeur, quant au premier étage, une petite foule m'a bouché le passage sur le palier. Oui, ne vous imaginez pas des bureaux gigantesques ; les paliers sont minuscules. Il y'avait bien pourtant bien dix personnes qui se tenaient devant les portes du premier étage. Toutes avec des appareils photos, des calepins ou des micros poilus suspendus au bout de longues perches. Je me suis arrêté, immobile sur une marche, pour mieux les observer. Ils marmonnaient tous au téléphone, l'air mécontent. Il y en a un qui était presque au bord des larmes. Et un autre dont on ne voyait que la touffe bouclée qui dépassait parmi les autres personnes. J'ai secoué la tête ; ce n'était pas le temps de rêvasser, j'avais une clope à fumer moi. Et savoir qu'un groupe de rock prépubères, ou une chanteuse à demi dénudée se trouvait dans l'immeuble où je travaillais ne me faisait même pas sourciller. Alors j'ai ordonné à mes jambes de poursuivre leur chemin initial, et poliment j'ai demandé pardon à tous les journalistes qui pestaient devant la porte, pour pouvoir passer et descendre au rez-de-chaussée pour enfin fumer ma clope (je n'arrêtais pas de tripoter nerveusement mon briquet dans ma poche depuis trente-deux minutes). Et puis tout d'un coup, la porte s'est ouverte, les journalistes se sont soudainement reculés, et je me suis pris un coup de sacoche dans l'estomac. J'ai ouvert la bouche, mais aucun son n'en est sorti, et je me suis reculée vivement. Je suis remontée de quelques marches pour apercevoir toute cette foule compressée sur ce palier du premier étage. Et j'ai vu deux armoires à glace sortir du couloir. Et puis deux autres derrière. Et au milieu quatre jeunes garçons. On ne voyait rien d'eux ; juste leurs cheveux noirs ou rouges cramés par le lisseur, et l'éclat de leurs piercing. J'ai souri un petit peu, parce que ça m'a rappelé ces groupes que j'écoutais quand moi j'étais plus jeune. Et puis en même temps, j'ai grimacé ; les journalistes commençaient à crier pour avoir le moindre mot, et la moindre vidéo intéressante. Les flashs crépitaient, et je me suis toujours demandé comment est ce que les stars arrivaient à ne pas cligner des yeux quand on les mitraillait comme ça. J'ai soupiré, et je me suis assise sur une marche. Les armoires à glace qui tenaient de garde du corps à ce jeune groupe ne semblaient pas bouger, les journalistes beuglaient et se bousculaient sur la moquette bleue foncée de ce palier mal éclairé. J'ai fermé les yeux quelques secondes pour essayer de calmer le n½ud dans le ventre à cause de l'appel de la cigarette, et je me suis demandé pourquoi on n'interdisait pas aux journalistes l'entrée de cet immeuble. Vraiment de nos jours, on était beaucoup trop tolérants...
Et puis, j'ai rouvert les yeux, et j'ai vu que les armoires à glace commençaient à descendre les escaliers, suivis de très près par les journalistes qui agissaient comme des bêtes assoiffées de chair fraîche. Enfin, j'allais sortir et fumer cette putin de clope. Je me suis relevée, et j'ai fouillé dans mon sac pour trouver mon paquet de cigarettes. Quand je l'ai eu en main, je suis descendue tranquillement ; les petites starlettes avaient dû faire vite, il n y avait plus personne dans le hall de l'immeuble, et l'entrée était vide. J'ai attrapé une cigarette dans mon paquet, et je suis vite sorti. Vite, vite. J'ai planté la cigarette entre mes dents, et j'ai allumé mon briquet. La première bouffée ; la meilleure. J'ai souri un peu, et j'ai rangé mon briquet dans ma poche droite. À ce moment-là, les portes vitrées de l'immeuble se sont rouvertes, et il est arrivé derrière moi. J'ai entendu ses pas sur le bitume et il s'est avancé de quelques pas devant moi. J'ai pu regarder sa nuque recouverte de cheveux bruns, qui tombaient juste sur le haut de sa veste kaki. Il portait un sac en bandoulière, qui lui arrivait au milieu des genoux. Et son jean simple était déchiré au-dessus de ses Converses©, ce truc indémodable depuis 50 ans (et encore ; ma grand-mère en portait). Il a regardé à droite, et puis à gauche. Et finalement, il s'est retourné vers l'entrée. Il a fait signe à quelqu'un de venir, et il a souri. Il m'a souri à moi. J'ai tiré sur ma cigarette, et j'ai souri un peu aussi. Il était à cinq mètres de moi, et son visage était dans l'ombre de l'immeuble. Je voyais juste quelques mèches brunes qui lui tombaient sur les yeux, et ses yeux noirs qui me regardaient en souriant. Comme ça, il n'était même pas très beau, sauf ses cheveux (j'ai toujours aimé les cheveux longs pour un homme). Et puis une autre armoire à glace est sortie de l'immeuble, il lui a dit quelques mots en anglais et l'énorme gorille a hoché la tête avant de dire quelques mots dans son talkie-walkie. Il m'a regardé quelques secondes de plus tandis que l'armoire-gorille nous regardait sans mot dire derrière ses lunettes de soleil. Et puis, il a hoché la tête, et m'a souhaité une bonne journée avant de monter dans la longue voiture noire qui venait de s'arrêter devant nous. La porte a claqué, et avant que la voiture disparaisse au coin de la rue, j'ai vu que la plaque était immatriculée de New York.
Et puis la cendre de ma cigarette est tombée sur ma chaussure droite ; j'avais oublié de la fumer.

[...]


Après ? Je suis rentrée vite fait dans l'immeuble, et j'ai demandé nonchalamment au réceptionniste s'il savait qui était ce groupe. Il m'a fait un petit sourire en coin, comme pour me dire qu'il savait très bien que je m'en foutais du nom du groupe, que je voulais juste savoir le nom de cet homme. Le groupe s'appelait Four Words To Choke Upon, et c'était un tout jeune groupe de métal. 18 ans de moyenne, mais qui promettait beaucoup, on lui avait d'ailleurs dit qu'ils partaient à toute vitesse pour une interview à la plus grande radio de France. Oui, ils faisaient du métal. Très prometteur, vraiment... On mettait ce succès sur le dos du manager, ancien leader de groupe ; William Kreye.
J'ai hoché la tête, j'ai remercié le réceptionniste, et je suis sortie m'asseoir sur un banc, en face de la Seine. Le soleil brillait, et mes cheveux volaient un peu. J'ai sorti une nouvelle cigarette, et j'ai regardé les mouvements de l'eau. La fumée volait entre mes cheveux noirs, s'envolait haut dans le ciel, et disparaissait à l'autre bout de la terre.
J'ai explosé en sanglots.


[...]


Cette nuit-là, je n'ai pas dormi. Et le matin, j'ai téléphoné pour dire que j'étais malade. Malade dans ma tête de toute manière. Alors pendant deux jours, je suis restée chez moi. Là vous vous demandez sûrement pourquoi, parce que après out ça n'a aucun sens. Effectivement, c'est stupide, c'est injustifié. J'ai vu le sourire de cet homme, et Pouf ! plus rien ne va. Ma vie m'a explosé à la figure, et la fenêtre est tellement tentante depuis deux jours. Mais quand je m'y suis penché tout à l'heure, j'ai d'abord regardé en bas pour estimer les dégâts si je passais le corps par-dessus la balustrade. Et ensuite, j'ai levé le nez. Réflexe inutile qu'on fait tous à une fenêtre, certes. J'ai vu toutes ces étoiles dans le ciel, j'ai vu la lune qui était ridicule. Et loin, à l'horizon j'ai vu tous les immeubles avec de nombreuses fenêtres illuminées. L'espace d'un instant, je me suis imaginé la vie des gens derrière ces petits carrés de lumière ; une grand-mère qui finissait de tricoter un pull pour sa petite fille, un jeune homme qui ouvrait une bière et desserrant sa cravate avant de s'avachir devant sa télé, un ado avec toutes ces copines qui décident du mec le plus beau au lycée, un bébé qui pleure et sa maman qui vient le consoler parce qu'il a fait un cauchemar. L'espace d'un instant j'ai imaginé des vies, et je me suis sentie moins seule. Alors j'ai reculé mon nez de l'air froid et agressif de dehors et j'ai fermé ma fenêtre. J'ai allumé toutes les lumières pour montrer à quelqu'un d'autre que j'existais et j'ai fait le ménage. À 22h38 je sais. J'ai tout rangé. J'ai jeté les vieilles bouteilles de vodka, les vieux cotons plein de maquillage, les trognons de pommes. J'ai arrosé les plantes que ma mère m'avait offerte, j'ai fait les poussières, j'ai fait la vaisselle, j'ai passé l'aspirateur, la serpillière. J'ai aspiré, récuré, balayé, cirer, frotter, décrasser et encore tout ce que vous voulez, dans mon appart'. Et le lendemain, à 6 heures ça sentait le parfum de synthèse partout. J'ai soufflé un grand coup avant de m'écrouler sur mon lit. Trois minutes plus tard, je dormais profondément.
Quand je me suis réveillé, je n'ai pas compris où j'étais. Ça sentait bon, et je ne me réveillais pas affolé. Il était 7h24 du matin. J'avais dormi plus de 24 heures, et je me suis rendu compte que je n'avais pas fait ces affreux rêves étriqués. Je me suis levée, et par réflexe j'ai allumé une cigarette. J'ai mis la cafetière en route, et j'ai allumé la radio. France Inter. L'heure des infos. J'ai souri. Je me suis servi une tasse de café et quand ce fut la fin des infos, de la cendre était tombé dans le café. J'ai jeté ma cigarette à laquelle je n'avais pas touché dans ma tasse et j'ai tout mis à la poubelle. Même la tasse bleue toute moche. J'ai pris une douche, je me suis habillée et je suis allée au boulot. Avec un sourire sur ma grande gueule. Dans le métro, un homme m'a souri, et ce matin le réceptionniste d'Universal m'a dit bonjour. Je suis rentré dans mon bureau, je me suis excusé auprès de mon patron qui m'a dit que ce n' était pas grave avec un clin d'½il. Je me suis installé sur ma chaise et j'avais une enveloppe sur mon bureau. Il n y avait rien dessus, pas de destinataire, pas d'expéditeur. J'ai fini par l'ouvrir et dedans il y avait une carte de visite.


William Kreye
06........

Vous avez une belle sourire ; il m'a rendu de l'espoir beaucoup. Je n'y croyais plus, mais maintenant si. Merci beaucoup.
PS : Excusez-moi pour mon français pauvre.




Vous croyez que j'ai fait quoi ? J'ai décroché mon téléphone voyons ! Moi aussi j'y crois maintenant...


FIN

PS : Je vous sais curieux, vous tous. J'ai revu Will dans la semaine. C'est l'homme parfait. En un mois, on était ensemble. J'ai démissionné, et je travaille avec lui entre New-York & Paris. Dix ans plus tard, j'avais mon premier enfant avec lui. On a une maison de vacances en Italie, et j'ai même une petite voiture là-bas. Recemment, j'ai renoué avec des vieux amis du lycée, et puis ma mère est morte il y a trois mois.
Je ne sais plus quoi vous dire. J'y crois. C'est bien. Non même pas. Ce n'est ni bien, ni mal. Mais j'y crois, et je vis. J'avais oublié de le faire pendant tellement longtemps...



















Four Words To Choke Upon : Une chanson de Bullet For My Valentine
Kreye : Nom de famille du chanteur de Funeral For A Friend
William > Bill



J'ai commencé à écrire ce truc là y'a des lustres, vraiment. C'tait pour un concours, et si je gagnais, j'étais publiée. Mais j'arrivais pas à le finir. D'ailleurs, là, j'viens de lutter. Donc, oui la fin c'est de la merde; ça veut rien dire, ça explique rien du tout, ça me plait pas du tout. Mais tant pis; fallait bien le finir, je me sentais pas de garder ce truc dans mes dossiers sans qu'il ne devienne quelque chose.
Si ça vous plait pas, restez en à " J'ai explosé en sanglots"

# Posté le lundi 02 juin 2008 12:53

toi l'ultime

toi l'ultime
Juste en passant ;





merci à toutes celles (ceux?) qui me suivent : )

# Posté le lundi 26 mai 2008 11:31
Modifié le samedi 02 août 2008 18:39