A reason for the song you're singing.
Si, elle était la différence en fait. Être aveugle supposait de ne plus voir leurs noms écrits en grosses lettres sur les façades des salles de concert, ne plus sourire devant ces jeunes qui hurlaient leurs paroles, ne plus pouvoir apprécier la beauté des femmes et de leurs bébés.
En réalité, ils ne voulaient manquer d'aucun sens. Le contraire aurait été une vie de dépendance – autre que la drogue, l'alcool, le tabac et les cris enivrants- et d'ennui. Ils leur étaient hors de question de rester dans le noir et dans le silence, au lieu d'un monde aussi vivant.
C'était un monde, une façon de vivre, un univers auquel seuls des privilégiés peuvent y goûter. Et quand on y a goûté, on ne s'arrête plus. Même des années après le succès, quand ils vieilliraient dans une grande maison au soleil, les garçons se rendraient compte que malgré la fatigue, et la pression endurées autrefois, cet univers de lumières artificielles, de cris d'enceintes par dessus ceux des fans, les voyages et tout ce qui faisait qu'ils étaient jeunes, adulés, vivants leurs manqueraient. Le reste n'était que le reste, et sans ce paradis superficiel, ils avaient toujours la désagréable impression de ne faire que survivre. Et c'était sûrement ça la musique pour eux ; le moyen de vivre pour de vrai.
Ils espéraient tous que cette musique donnait aux autres le moyen de vivre pour de vrai. Au début, c'était juste dans le garage des parents, dans le salon familial pour montrer aux grands parents grimaçants que l'on est jeune, con, mais talentueux et fier. Et quand ils avaient signé, et qu'ils avaient rencontré leurs premiers soutiens, ils s'étaient rendus compte qu'être une rock star, c'était comme être psychologue, ou médecin. Leurs musiques de garage rendaient les rêves des adolescents plus palpables, séchaient des larmes, faisaient éclore des sourires, et parfois, elle était aussi efficace qu'un comprimé de Valium.
Alors quand ils montaient sur scène, ou signaient des ventres, des chaussures, des cahiers, les garçons devenaient missionnaires chargés de faire pleurer les filles sensibles de joie, de faire sourire des grands garçons chevelus. Missionnaires du bonheur. Et ce rôle aidait à les rendre vivants et puis fiers devant leurs enfants.
Ils aimaient relever le rideau noir et regarder la foule grouillante qui les attendait. Chaque fois, elle était différente et chaque fois, c'était la même. ; aussi enthousiaste, hurlante, déchaînée que lors des autres dates. Ils ne se souvenaient jamais des visages, des pancartes ou des cris d'amour. Pourtant, ils aimaient à individualiser cette foule ; remarquer ce couple qui s'embrassait pendant l'entracte, les filles aux joues bariolées de crayon noir qui venaient en groupe, les garçons à qui ils avaient ressemblé auparavant. Ils voyaient ces jeunes qui sortaient de la fosse, inanimés, tirés par les bras puissants des vigiles, ceux qui se faisaient porter par la foule pour les regarder droit dans les yeux avant de retomber.
Mais les fans restaient les mêmes d'une salle à l'autre, d'un pays et même d'un continent à l'autre. Et ce qui leur donnait des frissons, c'était de voir du haut de leur piédestal les mouvements de foule immense, les circle pits, les walls of death. La foule était dangereuse et aussi capricieuse que l'océan, mais en sachant que cette étendue noirâtre était là pour eux, ils auraient pu s'y noyer dedans.
Ils étaient des rock star, des garçons tatoués aux cheveux longs qui criaient dans des micros, frappaient presque leurs guitares, jetaient leurs baguettes à la foule, et qui dormaient dans des aéroports et des hôtels étoiles, se cachaient sous des capuches, buvaient trop de bières et rendaient heureux des millions de gens.
Et rien que pour ça, ils leur étaient impossible d'être sourd ou aveugle. Parce que même après tout ça, ils continueront éternellement de faire de la musique pour que l'on ne s'arrête jamais de danser.
c'était la première fois que j'écrivais sur une feuille de papier depuis trop longtemps. le sommeil ne venait pas, & je me suis levée comme prise par la fièvre de l'inspiration, & l'envie de tout coucher sur le papier. résultat, ce que j'avais imaginé n'est pas ce que j'ai écrit, & je suis quelque peu déçue. mais tellement fière d'avoir recommencé tout doucement à écrire, & à me faire plaisir...
(sinon, j'ai deux OS tokiohotelien qui trainent, mais je sais pas si j'ai envie de les poster ici... c'était pour des jeux-concours, & les scénarios sont pas folichons. je verrais.)
edit ; en fait, j'ai pas du tout visualisé ce texte avec tokiohotel. j'écoutais slipknot, bullet for my valentine, korn, et iron maiden quand j'ai eu envie d'écrire ça. & puis d'ailleurs, j'suis super pressée d'aller voir korn le 17juin : D