4. (Vidéo: Nobody's Home-Avril Lavigne)

Non, mais regardez-là.
Allez-y, tournez la tête. Regardez son visage... Regardez ses joues humides, ses grands yeux noirs qui se ferment peu à peu. Regardez ses mains écorchées, ses vêtements humides... Regardez là. Elle est encore jeune, vous le voyez. Ou vous ne voulez pas voir. Vous ne voulez pas savoir. Oui, elle est jeune, et elle ne devrait pas être assise sur ce trottoir, la capuche enfoncée sur ses cheveux. Elle ne devrait pas tendre la main à ces passants, les regarder avec peine. Elle ne devrait pas être ici, sous la pluie à attendre on ne sait quoi.
Regardez-là ! Adressez lui un signe. Un regard, un geste de la main. Une pièce si vous êtes vraiment généreux. Mais montrez lui qu'elle existe. Montrez qu'elle n'est pas un fantôme. Montrez-lui qu'elle n'est pas encore invisible, et qu'il y'a toujours un espoir.
Elle vous croira, elle vous écoutera. Elle est fatiguée, mais elle veut bien écouter vos contes, farfelus ou non. Montrez lui l'arc-en-ciel, montrez lui les étoiles, montrez lui le soleil. Elle a oublié ce que c'était... Inventez lui des histoires de princesses et de crapauds, inventez lui une vie, elle vous suivra, elle vous croira, elle reprendra goût à sa propre vie. Faites lui un peu oublier son désespoir, et vous verrez peut-être apparaître ce sourire que vous attendez tant.
Montrez-lui que la vie est belle. Elle en a besoin.


Tous les passants passent devant moi sans me jeter un regard. Je m'efface, je deviens invisible, je suis peut-être déjà un fantôme. Je suis peut-être morte pour de vrai, et je ne m'en suis pas rendue compte. Je me suis peut-être endormie les yeux ouverts. Je vais rester là toute ma vie, je vais regarder passer ces gens devant mon nez, sans bouger. Et peu à peu, peut-être mon esprit s'endormira lui aussi. Peut-être...

# Gepost op donderdag 30 augustus 2007, 15u51

Gewijzigd op vrijdag 14 december 2007, 12u21

3. (Photo: Lucynounette)

3. (Photo: Lucynounette)

Elle se tourne et se retourne dans son lit. Elle ne trouve aucune position confortable pour calmer les gargouillements de son ventre. Alors, elle se lève en silence, et sans allumer la lumière, elle sort de sa chambre, descend doucement les escaliers, sans oublier de ne pas poser le pied sur la cinquième marche, parce qu'elle grince. Elle traverse le salon sur la pointe des pieds et rentre dans la cuisine. Elle ferme précautionneusement la porte, et sans attendre plus longtemps, elle ouvre le premier placard. Elle cherche, faisant tomber les sachets de thé, de sucre. Elle sort deux petits pains au lait, qu'elle s'empresse de dévorer. Ce n'est pas qu'elle a réellement faim, mais elle a cet espèce de noeud dans le ventre, qu'elle tente de faire disparaitre à l'aide de nouriture. Elle farfouille encore dans le placard, puis le ferme. Elle se dirige ensuite vers l'armoire. Elle tourne une fois, deux fois la clé, le plus silencieusement possible, et ouvre la porte doucement, pour ne pas que les grincements affolants reveillent les occupants de la maison. La porte est ouverte, et elle plonge la main dans une boite métallique, en sortant une plaquette de chocolat. Sans attendre, elle déchiquette le papier, partage la plaquette en deux, et en mange une moitié. Elle repose l'autre, et referme le placard. Elle grimace quand un grincement résonne dans le silence de la cuisine. Elle arrête tous gestes, écoutant les bruits autour d'elle. Rien. Elle referme la porte, finit sa demi-plaquette de chocolat, et ouvre le frigo, pour trouver une bouteille d'eau. Avant, elle s'empare de trois petits suisses, qu'elle engloutit en deux temps, trois mouvements. Puis, elle attrape finalement la bouteille de vin, referme le frigo, et sort de la cuisine silencieusement. Elle s'asseoit sur le canapé, et boit la moitié de la bouteille d'alcool, trop froid, qui lui gèle les dents. Elle repose la bouteille sur la petite table en bois, et reste assise, immobile sur ce canapé, dans ce salon froid. Elle ressert ses genoux contre son ventre, entourant ses jambes de ses bras, pour poser sa tête dessus. Elle écoute les bruits de la nuit, et entend au loin l'église sonner 3 heures. Dans trois heures, elle va se lever, seule dans cette grande maison. Elle va prendre une douche froide, faire son sac, et partir au bahut sans avoir mangé, ou même bu quelque chose. Elle va passer une journée monotone, ou elle rira, sourira faussement, répondra que oui, tout va bien. Elle va se goinfrer à midi, parce qu'elle crevera de faim. Et elle rentrera chez elle, elle allumera son ordinateur, et mettra la musique à fond. Elle mangera la moitié de la plaque de chocolat qui reste, et quelques minutes après, elle tatera son ventre gonflé, et se précipitera dans sa salle de bains. Elle se penchera au-dessus de ses toilettes, pour que toute la nourriture disparaisse de son corps. Et vers 3 heures du matin, elle n'arrivera pas à dormir, et elle descendra manger quelque chose dans la cuisine, en buvant un autre alcool... Et le jour suivant, ce sera pareil, et le jour d'après encore...
Il parait qu'elle est rentré dans le cercle infernal de ana-mia, et qu'elle s'en est rendue compte. Mais chez elle, la nourriture c'est compulsif. Elle n'arrive pas à s'arrêter de manger quand elle a commencé. Même quand elle n'a pas faim. Alors, pour évacuer de trop plein de nourriture, elle vomit. Mais il parait qu'elle est seule à s'en rendre compte, que ses amies, sa famille la voit toujours de la même façon. Personne n'a remarqué ses cernes sous les yeux, son teint blanchâtre, ses côtes qui dépassent... Personne n'a remarqué qu'elle est train de mourir lentement...

[Y'a des fois, où t'as l'impression de rien contrôler. Tu vois la bouffe, et tu ingurgites. Tu t'arrêteras pas tant qu'il n'y en aura p'us. C'est compulsif la nouriture chez toi. Et après tu regrettes, et tu as peur d'aller chez le médecin, et de monter sur cette foutue balance. 'T'as grossi' Oui, je sais maman. Pas la peine de me le répéter. J'me sens assez mal comme ça. Et après, tes amies ne comprennent pas que tu refuses de te mettre en jupe, de mettre un haut moulant qui te boudine. Il parait que t'es très jolie, mais tu vois bien que dans leurs yeux, t'es pas comme elles. Et t'es mal, alors tu continues de bouffer...]

# Gepost op zaterdag 30 juni 2007, 08u27

Gewijzigd op vrijdag 14 december 2007, 12u20

2. (Photo: Lips Like Morphin-Kill Hannah)

Ses baskets trainent sur le bitume quand il se dirige vers le terrain de basket. Il enfonce les mains dans ses poches, relève la tête, bombe le torse et marche plus rapidement quand il a en vue le terrain. Terrain... C'est un grand mot pour un vulgaire parterre de béton, rongé par les mauvaises herbes, et rapé par les baskets des jeunes. Sur les deux côtés du terrain, se dressent deux poteaux rouillés, qui tanguent un peu sur la droite à cause des paniers sauvages que s'amusent à mettre les plus forts d'entre eux. Et puis autour du terrain, il n'y a rien. Des bancs desafectés, couverts de tags et à moitié arrachés du sol étaient là pour accueillir des familles en balade, mais ont été remplacés par des jeunes en manque de rêves. Autrefois, l'herbe fraiche pouvait laisser penser à un bel endroit, maintenant, ce n'est que du gravier ou sable. Un ciel gris surplombe cet endroit desert de toute nature, desert de toute vie heureuse on pourrait même dire... Pourtant, c'est son endroit préféré. L'endroit de toutes ses rencontres, de tous ses flirts, de toutes ses découvertes. C'est ici qu'il embrassé sa première fille, qu'il a gouté sa première cigarette, qu'il a gouté pour la première fois autre chose aussi... Il a rencontré son meilleur ami ici, et a perdu ses plus proches conaissances ici aussi. C'est un lieu d'échange, de partage, de perte et de gain qui constitue toute sa vie aujourd'hui... Alors, quand il arrive au devant du terrain, des hurlements l'accueillent joyeusement. Des mains tapent dans son dos, on lui propose un joint, qu'il refuse poliment, une jolie fille en mini-jupe, et mini-top vient l'aborder non sans inocence. Il la repousse gentiment, et s'avance vers le banc le plus reculé de l'endroit. Est assis ici un gamin d'à peine 14 ans, qui fume tranquillement une cigarette, en regardant les plus vieux se lancer la balle sur le terrain. Il s'asseoit à côté et lui prend la cigarette des doigts pour tirer dessus. Le plus jeune tourne la tête quand il lui rend la cigarette, presque consumée. Il fixe le visage de son ainé, marqué par la vie. Ses yeux noirs tranchent avec la paleur de sa peau. Ses cheveux noirs qui tombent négligemment sur ses yeux, sont agités par une douce brise. Son tee-shirt moulant noir, et son slim aussi de cette couleur laisse deviner sa maigreur. Le gamin regarde tour à tour les autres ados présents ici. Il faut croire qu'il ne comprend pas comment, lui, son meilleur ami, a pu être accepté ici, alors qu'ils n'ont aucun gout en commun. Que ce soit la musique, les vêtements... Ils n'ont en commun que le gout de l'amertume dans la bouche. Quand tes rêves s'en vont avant d'avoir commencer... Il parait que c'est ça la jeunesse aujourd'hui. Il parait qu'ils ne sont que des délinquants... Peut-être bien. Mais il faut bien s'occuper, hein? Il détourne la tête, et finit la cigarette, avant de jeter à terre le mégot incandescent. La fumée toxique tourbillone dans l'air ambiant, et s'envole à jamais parmi les nuages.
Côte à côte, sans parler, sans se regarder, les coudes sur les genoux, ils regardent la nuit tomber, les ados se disperser, et le terrain se vider. Quand les lampadaires s'allument, quand les premières étoiles font leurs apparitions, le gamin saute du banc, epoussette ses vêtements, et se retourne vers son ainé. Ils se regardent dans le blanc des yeux, et quand le plus vieux ouvre la bouche, le gamin le coupe:
' Épuise pas ta salive. Je sais que tu vas partir mec. '
L'ainé reste silencieux. Il replace une mèche de cheveux derrière son oreille. Un sourire imperceptible apparait sur ses lèvres. Il se lève, et enlace son ami. Une étreinte fraternelle.
' Dis, tu m'oublieras pas, hein, quand tu seras là-haut? Tu seras toujours là pour moi, n'est-ce pas? '

2. (Photo: Lips Like Morphin-Kill Hannah)

# Gepost op donderdag 28 juni 2007, 07u50

Gewijzigd op zondag 23 december 2007, 13u41

1.

1.
Ce n'est pas un hasard si elle se précipite sur sa boite aux lettres aujourd'hui. Elle entrouve la petite porte de fer, et retire voctorieusement une petite enveloppe bleue. Oui, elle sait que c'est encore elle. Elle rentre en trombe dans sa maison, et quand elle s'affale sur son lit, elle hésite légèrement à ouvrir la petite enveloppe. Elle ne veut pas que la lecture soit déjà fini. Alors, elle prend son temps.
Elle respire l'odeur de la lettre. Elle observe minutieusement le timbre. Elle retrace les lettres sur le devant. Elle place l'envellope devant la lumière, comme pour la lire en transparence. Elle tatonne l'enveloppe comme pour deviner son contenu. Tiens, elle est plus épaisse aujourd'hui. Elle laisse la curiosité la titilller, et quand elle ne tient plus, elle déchiquette presque la petite enveloppe de papier bleu. Elle s'empart de la lettre, pliée en quatres, et en l'ouvrant, un bout de papier volette et tombe sur le parquet. Intriguée, elle se baisse. Un billet de train. Ça y'est, elle va la voir. Elle crie, et fait un bond de joie en serrant le billet contre son coeur. Puis, les mains tremblantes, elle déplie correctement la lettre, et en lit le contenu. Dans 5 mois, elle va la voir, elle va pouvoir la serrer dans ses bras, la regarder dans les yeux et lui dire combien elle compte pour elle. Les larmes lui montent aux yeux, mais se bloquent derrière ses paupières. Son sourire reste figé sur son visage. Elle est heureuse.

Le train ralentit. Elle est déjà à la porte du wagon, sa veste autour du bras, sa valise à ses pieds. Elle réajuste ses cheveux d'une main fébrile, tandis que le train rentre en gare. Les passagers s'amassent derrière elle, un brouhaha s'élève doucement. Mais elle s'en fiche à cet instant. Elle regarde nerveusement à travers le double vitrage de la porte bleue. Elle triture inlassablement le col de sa veste, le regard fixé sur le quai. Quand soudain, elle l'aperçoit. Son coeur fait un bond et elle retient un cri, quand elle aperçoit sa silhouette agitée. Le train ralentit encore, et elle a déjà sa main posée sur la poignée de la porte quand le train s'arrête définitivement. Elle s'empare de la poignée de sa valise, et saute sur le quai. Refoulant les battements éffrénés de son coeur, elle regarde autour d'elle, faisant mine de ne pas l'avoir vu. Quand soudain, un tornade de cheveux s'abbat sur elle. Elle manque de tomber quand des bras inconnus la serrent avec force. Elle se recule instinctivement, et la dévisage. Elles restent toutes les deux, immobiles, à se fixer, les larmes aux yeux, et un sourire gigantesque collé sur les lèvres.
' Tu peux pas savoir comment tu m'as manquée... '

# Gepost op woensdag 27 juni 2007, 16u15

Gewijzigd op zondag 23 december 2007, 13u41

Il faut un début à tout, c'est ça?

Il faut un début à tout, c'est ça?

Voilà, c'était ça.
Si tu venais d'entrer dans cette Lavomatic pourrie de l'avenue de La Bourdonnais un 29 décembre à cinq heures de l'après-midi, et que tu apercevais cette silhouette sous la lumière triste des néons, tu te dirais exactement ceci:
ben merde... Un ange.



Ensemble, c'est tout - Anna Gavalda.








Vous savez, quand vous attrapez un stylo et que les mots courent tout seuls et que même à 2 heures du matin, quand vous n'arrivez même p'us à garder les yeux ouverts, votre main, elle continue à écrire des mots sur le papier.



J'aime avoir une feuille blanche devant moi, la regarder religieusement avant de poser mon stylo dessus.
J'aime me jeter sur une feuille, parce que j'ai un trop plein d'idées.
J'aime inventer des personnes, leurs donner la vie, et leur retirer.
J'aime décrire des actions simples, ou des pensées.
J'aime chercher, trouver le mot juste qui colle parfaitement à la situation.
J'aime me relire et refaire mes phrases pour que tout semble/soit parfait.
J'écris parce que c'est ma thérapie et que je sais faire que ça.
Je ne vais pas vous mentir en vous disant que je rêve de voir mon nom sur mon livre.
Que je rêve d'être connu dans le monde pour mes ouvrages.
Je ne vais pas vous mentir en vous disant que en fait, j'y crois pas vraiment, que mon talent n'est pas là. Que je n'ai pas un don pour l'écriture. Juste assez de gout pour ranger les mots joliment.
Mais si dans 25 ans, vous trouvez dans votre librarie un petit livre, caché sur une étagère au nom de Clara P., vous saurez que c'est celle qui a écrit ce que vous lisez aujourd'hui.


=)




Pixx : Mes converses x)

# Gepost op woensdag 27 juni 2007, 14u07

Gewijzigd op vrijdag 02 mei 2008, 19u12